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Portrait de cadre de Isabelle Carrier

04 avril 2025

Dans la poursuite du déploiement de la campagne de valorisation, l’ACCQ publiera de façon hebdomadaire une rubrique intitulée PORTRAIT DE CADRE, et ce, jusqu’à la tenue de la première journée des cadres des cégeps qui se déroulera le 24 avril prochain. Une dizaine de gestionnaires en provenance de divers cégeps et œuvrant dans différents secteurs d’activité seront en lumière. Apprenez-en un peu plus sur ces personnes engagées qui ont accepté de répondre à quelques questions. Cette semaine, nous vous invitons à découvrir Isabelle Carrier, gestionnaire dans le réseau collégial depuis 2015.

Résumez votre parcours professionnel.

J'ai débuté ma carrière académique avec un baccalauréat en enseignement secondaire de l'histoire. J'ai toujours su, et souhaité, que j'allais évoluer dans le domaine de l'éducation. Lorsque j'ai gradué cependant, il n'y avait aucun débouché sur le marché du travail. C'était pratiquement impossible de percer le domaine de l'enseignement secondaire (les choses ont bien changé depuis!). C'est pourquoi j'ai poursuivi mes études d'abord avec une maîtrise, puis un doctorat en histoire. Ma spécialité est l'histoire du droit et des familles au XVlle siècle en France. Un sujet passionnant! Bien que j'aie adoré la recherche historique et les archives poussiéreuses, l'appel de l'enseignement a été plus fort. J'ai commencé à enseigner l'histoire en 2004 au Collège Dawson. Après 11 années d'enseignement, j'ai décidé de faire le saut en gestion. L'enseignement et surtout le contact avec les étudiant.e.s me manquent, mais l'administration permet d'avoir un impact plus grand sur leur succès. Être directrice adjointe aux études (DAÉ) va au-delà de la « simple » gestion d'un secteur. Les DAÉ jouent un rôle crucial et fondamental dans l'élaboration et la conceptualisation de la vision académique du collège. C'est ce qui m'a motivée à faire le saut. D'abord aux programmes et depuis peu, au développement académique.

Décrivez une de vos initiatives ou un de vos projets qui a eu un impact positif dans votre milieu.

Depuis 2020, plusieurs circonstances ont profondément affecté et transformé mon collège : la pandémie, la Loi 14, le gel de recrutement, le maximum des heures rémunérées, etc. Le cumul de tous ces évènements aurait facilement pu nous diviser et morceler notre communauté. Pourtant, sans nous mettre la tête dans le sable, sans ignorer la teneur des circonstances nous sommes parvenus à nous réinventer tout en préservant notre identité. Lors de nos prises de décisions, nous nous sommes toujours souciés de préserver les considérations académiques et pédagogiques au cœur de notre réflexion. Il ne s'agit évidemment pas d'une réalisation personnelle et individuelle, mais plutôt d'un effort collectif dont je suis particulièrement fière de faire partie.

Quelles sont les principales caractéristiques qui vous décrivent le mieux comme gestionnaire? 

Esprit d'analyse et de réflexion critique : je déteste l'arbitraire et tente de prendre des décisions que j'espère les plus éclairées possibles.

Courage : je ne crains pas de prendre et de mettre en œuvre des décisions difficiles et parfois impopulaires. Je l'ai toujours fait avec transparence, empathie et humanité ; avec fermeté, mais respect.

Quelle est votre recette pour garder votre équilibre « vie professionnelle/vie personnelle »?

Ma recette est très imparfaite! C'est pour moi le plus grand défi. Comme gestionnaire, je suis souvent la première arrivée et la dernière à quitter. Je m'améliore cependant en essayant d'intégrer du sport à mon horaire et en ne travaillant presque plus les soirs et les weekends. Bien que je sache que l'exercice physique soit essentiel, j'ai facilement tendance à trouver mille et une raisons pour lire plutôt que d'aller au gym. La lecture est ce qui me permet de garder un équilibre.

Quel a été le meilleur conseil qu’on vous a donné comme gestionnaire?

« La perfection est parfois l'ennemi du bien ». J'ai des tendances perfectionnistes, et bien que ce ne soit pas un défaut en soi, cela peut parfois devenir un obstacle. Le temps dédié à mener un projet de 0% à 85% est parfois le même que le temps dédié à mener un projet de 85% à 100%. Je travaille le lâcher-prise en tentant d'identifier les dossiers qui méritent qu'on s'y attarde tout en essayant d'accepter que certains dossiers ne soient que « corrects ».  

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